

Des chercheurs du CNRS ont montré que des rats étaient plus attirés par la nourriture que par la cocaïne après une opération de neurochirurgie. Cette découverte permet d’envisager un traitement neurochirurgical pour la dépendance aux drogues.
Des chercheurs du laboratoire de neurobiologie de la cognition de l’Université d'Aix Marseille 1 ont montré qu’après lésion du noyau subthalamique – une aire du cerveau associée à la motricité - la motivation de rats pour la cocaïne était diminuée et qu’elle était augmentée pour les « récompenses naturelles » comme la nourriture.
Pour le démontrer les chercheurs ont fait différents tests comportementaux sur des rats ayant subi une opération neurochirurgicale. Pour une première série d’expériences les rongeurs ont appris à appuyer sur un levier pour s'auto-administrer de la cocaïne ou pour obtenir une boulette de nourriture. Les rats dont le noyau subthalamique a été détruit font moins d'efforts que les rats témoins pour obtenir de la cocaïne et en déploient plus pour avoir de la nourriture. Dans un deuxième test, les rats sont placés dans une boîte à deux compartiments, l'un où ils reçoivent de la cocaïne, l'autre du sérum physiologique. Quand ils ont le choix, les rats témoins restent dans le compartiment où ils reçoivent de la cocaïne alors que ceux qui ont le noyau subthalamique lésé se promènent d'un compartiment à l'autre. Lorsque le même test est réalisé avec de la nourriture, les résultats sont inversés.
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Mask,
Les question d'éthiques que tu soulève ici sont très intéressantes et importantes, mais il nous est difficile d'y repondre. Nous nous contentons d'informer de
façon objective le public sur les recherches menées par les laboratoires marseillais, sans nous permettre de porter un jugement ou faire des commentaires personnels sur celles-ci.
Comme tu doit le savoir, il y a en France un Comité consultatif national d'éthique qui tente d'apporter des réponses à ces questions. En voici le lien : www.ccne-ethique.fr/
Pour répondre à ton commentaire Mask,
Il ne faut pas confondre découverte et application. Ce n’est pas demain que l’on opèrera les patients dépendants à la drogue. C’est avant tout une découverte fondamentale sur la connaissance de la physiologie humaine.
Et en même temps si un jour on peut, par neurochirurgie, aider les personnes dépendantes aux drogues qui souffrent, pourquoi pas ? Pourquoi pas leur éviter un traitement lourd, non ciblé, pas forcement efficace, avec beaucoup d’effets secondaires, qu’ils subissent dans des centres de désintoxication ?