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Jeudi 7 décembre 2006

 

Le neuropaludisme est la complication la plus mortelle de la malaria. L'an dernier, des chercheurs du Centre de résonance magnétique biologique et médicale de Marseille en ont caractérisé les aspects physiopathologiques, chez un modèle expérimental de souris mimant la pathologie humaine. L'issue fatale serait due à un oedème majeur. Ces résultats permettent de mieux comprendre cette pathologie et fournissent des indicateurs importants pour l'évaluation de nouvelles thérapies.

 

Chaque année, trois cent millions de cas de paludisme sont diagnostiqués et plus d'un million de personnes en décèdent, les plus concernés étant les enfants africains. La complication la plus mortelle est le neuropaludisme ou malaria cérébrale. Bien que très étudiés, certains mécanismes qui sous-tendent cette complication sont encore mal compris.

 

L'équipe d'Angèle Viola, du Centre de résonance magnétique biologique et médicale de Marseille (CRMBM), a utilisé une approche originale, combinant les techniques d'Imagerie par résonance magnétique (IRM) et de Spectrométrie par résonance magnétique (SRM), afin de caractérier les mécanismes neurovasculaires conduisant à cette encéphalopathie. L'IRM a pour objectif d'identifier les anomalies anatomiques, structurales et physiologiques, tandis que la SRM a pour but de caractériser le métabolisme cérébral (cf. article Un nouveau marqueur de l'alcoolisme chronique). L'étude a été réalisé sur des souris infectées par le parasite Plasmodium berghei ANKA et développent un syndrome cérébral proche de celui observé chez l'homme.

 

 

Des atteintes vasculaires cérébrales importantes 

 

Ces recherches ont permis de mettre en évidence l'existence d'atteintes vasculaires cérébrales, telles que des lésions de la barrière hématoencéphalique, véritable régulateur du passage des molécules du sang au tissu cérébral, ainsi que des hémorragies découlant du processus inflammatoire. De plus, les chercheurs ont montré que le cerveau des patients présente un profil métabolique ischémique (cf. encadré), causé par un défaut d'apport en oxygène au niveau des capillaires sanguins. Ce profil ischémique est caractérisé par une importante production de lactate associée à une baisse du pH et des ressources énergétiques des cellules.

 

 Le principal résultat est la découverte d'un oedème majeur, aggravant l'ischémie en induisant une compression des artères cérébrales. Cette compression entraîne une baisse du flux sanguin cérébral qui se révèle fatale pour les souris.

 

 

 

Vers de nouvelles thérapies

 

Ces résultats démontrent ainsi la coexistence de lésions inflammatoires et ischémiques. Ils soulignent également le rôle prépondérant de l'oedème cérébral dans l'issue fatale du neuropaludisme expérimental. Il est raisonnable de penser que des processus analogues interviennent chez l'homme. Ces données constituent une avancée considérable dans la compréhension de la pathologie. Elles fournissent pour la première fois des indicateurs structuraux, physiologiques et métaboliques quantifiables pour l'évaluation de nouvelles thérapies et notamment l'objectivation pré-clinique de nouveaux médicaments.


 

 


A propos de l'ischémie

L'ischémie est un arrêt ou une insuffisance de la circulation sanguine dans une partie du corps ou un organe, privant ainsi les cellules d'apport en oxygène et entraînant leur nécrose. Les ischémies peuvent être dues à l'obstruction d'un vaisseau (thrombose) ou à la compression d'une artère (sténose). Les infarctus sont consécutifs à des ischémies.

 

Par T. Salaün - Publié dans : Neurologie
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